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 Dolorès, la malédiction du pull-over rouge

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Dolorès, la malédiction du pull-over rouge Empty
MessageSujet: L'expérience - Août 2020   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 16:58

Lundi 17 août 2020, 10h30.

Pour la troisième fois en moins d’un an, je m’apprête à franchir ces hautes portes de métal, cette enceinte couronnée de bas-reliefs représentant les sept péchés capitaux. De l’appréhension ? Non. Je sais que mon séjour n’y sera que temporaire, à la différence des hommes et des femmes qui, depuis les années 1930, sont passés par la même entrée pour y loger quelques jours, semaines, mois, années… ou pour y finir leur vie.

A la différence de mes deux précédentes visites, c’est une jeune femme souriante qui m’ouvre. Autre changement : le lieu est plus vivant. D’une part, nous sommes en été, le soleil qui illumine Marseille est radieux et donne à la prison un côté moins rébarbatif. De l’autre, avec les camions qui sont garés dans la cour d’honneur, l’endroit fourmille de vie. Nous sommes loin du millier d’occupants de jadis, mais il y a quarante, cinquante personnes environ qui ont investi les lieux. Des techniciens, un peu partout, transportant matériel et câbles électriques ; le hall d’entrée a été rangé et nettoyé, le couloir souterrain - où l’on se rendra plus tard - vidé de tous les encombrants qu’il contenait, au point d’en être presque méconnaissable. Masque de rigueur, bien entendu : un jeune superviseur veille au grain en matière de respect des normes sanitaires ; signature de papiers, essayage auprès de la costumière. J’ai, pour l’occasion et au cas où, ramené une combinaison de travail américaine vintage Sears Tradewear des années 70 et une paire de jungle boots militaires ayant connu la guerre du Vietnam. Private joke dont je suis le seul à rire : qui pourrait se douter à part moi qu’en fait, je porte les vêtements exacts (et je souligne exacts) du tueur Michael Myers dans Halloween - La nuit des masques (si ce n’est le rajout d’une chemise bleue clair sous la combinaison, histoire de faire plus ouvrier mécanicien de l’époque) ? Une façon d’unir deux de mes centres d’intérêt en un… La tenue n’est cependant pas seulement crédible, elle est plus que valide pour l’époque, et me voilà donc en bleu – ou plutôt en vert-gris – de travail, rejoignant la grande cour Sud pour aider à décharger un long fourgon blanc.

La Berger-Lelouch s’y trouve, démontée… ou presque. Je fais la moue. Les montants, la lunette inférieure, le massif et le chapiteau n’ont pas été désolidarisés et ne doivent apparemment pas l’être. Ca va être une partie de plaisir pour transporter ces 200 kilogrammes environ de chêne et de métal au sous-sol… Le reste de l’engin ne sera pas difficile à transbahuter, et d’ailleurs, nous disposons d’un monte-charge pour cela. Nouveau petit hic toutefois : pas de bassine pour réceptionner la tête. Faute d’avoir retrouvé la pièce manquante, les établissements Lanzani ont fourni une vieille bassine à confiture, absolument grotesque en l’état, et le colosse qui supervise le transport et le montage a pris sur lui d’emprunter un grand panier d’osier. Je tique. L’osier l’emportera, certes à contrecœur pour l’exactitude historique. J’en parlerai plus tard à l’excellent Monsieur R., le directeur de l’Administration Pénitentiaire, mais employer la « baignoire » de l’authentique guillotine toujours exposée dans la prison s’avère impossible : les responsables du Mucem en feraient une syncope si nous l’empruntions sans leur autorisation expresse… Les joies administratives des « rond-de-cuir » chers à Courteline et à Francis Lalanne.

Laborieusement, nous parvenons à faire coulisser dans un escalier de fer escarpé la partie principale de la machine, non sans craintes de ma part ; grâce à un chariot fatigué, la suite du transport dans les couloirs souterrains est quand même bien moins périlleuse. Voilà le grand corridor, la porte noire, un passage dans une salle intermédiaire, la seconde porte - avec sa marche d’accès assez haute -, et nous voici dans la petite cour isolée. Le soleil tape, car midi approche, mais l’endroit est encaissé, les hauts murs qui nous enserrent fournissent une ombre rafraîchissante. Difficile de l’estimer avec précision, mais nous aurons toujours une température constante pour toute la besogne à venir les jours prochains, une température moindre de quelques degrés que partout ailleurs en extérieur.

Déjeuner en compagnie de M.R. et de deux employés de l’AP, T. et G., qui seront mes acolytes pour le montage à venir. En guise de digestif, je rôde dans la prison labyrinthique qui m’est désormais familière. Je vais « saluer » la vraie Veuve, celle qui coupa les trois dernières têtes dans cette enceinte, et qui trône encore pour quelques semaines, immense, méprisante et esseulée, derrière sa grille ; je retourne dans le large couloir souterrain, pour y constater, amusé, que la régie a collé à deux endroits au moins des flèches de papier cartonné orange pour indiquer le chemin qui mènera vers la machine. Contraste surprenant entre ce papier de couleur festive et le mot GUILLOTINE qui y est écrit au marqueur noir…

Peu après 14h, retour dans la courette isolée. J., le réalisateur, prend des mesures. Difficile, pour que le spectateur puisse réellement comprendre ce qu’il voit, de monter la machine à trois mètres de la porte comme au temps jadis. La distance finale sera de dix mètres environ. L’entorse à la réalité n’est cette fois pas gravissime, et cela reste du cinéma fort tangible. L’effet, comme je peux l’imaginer, sera sans doute plus efficace avec cette distance accrue, somme toute raisonnable. Pas d’arrivée du condamné qui doit contourner la machine pour être mis en position comme dans le Fantômas de Chabrol : la bascule fera directement face à la porte. Parfait.

Nous installons la traverse, puis la base. En nettoyant la mortaise remplie de poussière à mains nues, je m’enfonce une écharde dans l’index. Un petit souvenir douloureux, mais négligeable. Mon vieux niveau à eau s’avère faussé, on doit en récupérer un autre, plus récent, pour assurer la parfaite stabilité de la bécane. Le sol de la courette est légèrement en pente, mais rien de bien sorcier à combattre. Deux cales côté tête, une côté bascule, une sous la traverse, et le tour est joué. On hisse les montants couronnés par le chapiteau. Installé côté bascule, je tâche de guider avec mon pied le montant gauche, K., l’assistant réalisateur, vient nous prêter main forte pour le droit. Vite, on va pour visser les premières jambes de force, mais celles que nous avons préalablement installées ne sont pas au bon endroit : trop grandes. Erreur rapidement corrigée. Avec deux clés mixtes, assujettir l’ensemble ne demande que quelques instants, et soudain, l’atmosphère change. Le montage est incomplet, mais l’essentiel est déjà là, en position. Inquiétant… Un appareil de cinéma, oui, mais si proche de la réalité… La cour n’est pas vraiment la bonne, mais nous ne sommes qu’à quinze mètres à peine de sa sœur, de ce lieu où trois têtes sont véritablement tombées sous la lame d’un tranche-têtes, lui aussi presque le jumeau de celui que nous entourons ce jour d’été. Comment l’expliquer ? C’est un malaise très léger, vite surmonté, mais qui me restera au cœur jusqu’au lendemain soir et même encore après…

J’installe la lunette inférieure, puis la supérieure, je vérifie que le tout coulisse bien, j’assemble la bascule à la table de roulement. Cette fois, l’intervention d’un machiniste et son coup de visseuse seront nécessaires pour que tout tienne. La corbeille latérale est en place… Faut-il installer le couperet d’acier, qui pour l’heure, au nom de la sécurité, est une simple pièce de bois peint en métallisé ? Pas nécessaire. Je tente d’installer le panier d’osier entre les jambes de force, côté tête, mais je n’y parviens pas. G., en insistant davantage, le met en place. Le montage est cette fois achevé.

Je relève la bascule à la verticale, la lunette supérieure en position haute, je hisse le mouton, le système de blocage fonctionne. Sous l’objectif de J., j’actionne enfin le tout, élément par élément. Planche qui s’abat et roule en avant, heurtant le bois des montants. Premier clac. Tirette qui libère la lunette. Deuxième clac. Pression de la paume sur le bouton, le massif se détache. Troisième clac. Terrible bruit. Si loin du son classique qu’on entend volontiers au cinéma, cette espèce de sifflement de lame fendant l’air… Non, comme sur la vraie, quand je l’ai vue fonctionner avec Meyssonnier quatorze ans plus tôt, le bruit qu’on perçoit, c’est à la limite celui des roulettes dans les rainures de laiton, mais c’est trop rapide pour qu’on y prête vraiment attention. Je ne pourrai hélas retirer la corde pour plus d'exactitude : celle-ci est trop bien accrochée au mouton pour qu'on l'en libère.

Je remets le massif en place, et je réitère la manœuvre. Cinq, six fois, un peu plus peut-être ? Je commence à prendre de la vitesse, mes gestes se font plus adroits, plus précis. Les plans changent. G. actionnera également la machine, T. aussi. K. tente de filmer en plaçant son smartphone dans la lunette. Le massif, prévu pour s’arrêter à trente centimètres au-dessus du cou, n’en est pas moins une présence terrifiante, et comme il fait un pas en arrière quand le couperet s’abat, une deuxième prise est nécessaire, cette fois, sans recul de crainte. La pauvre F., l’assistante réalisatrice – une demoiselle aux yeux clairs, plus que troublante, sur laquelle mon regard rêveur et admiratif aura maintes fois l’occasion de s’attarder ces deux jours durant – sera basculée par jeu. Une initiative de ses collègues qui ne l’a visiblement pas enchantée, et pour laquelle j’irai lui présenter mes excuses le lendemain.

Voilà qui est fait. Vers 16h30, nous pouvons laisser l’endroit en l’état. Pas de pluie à redouter dans les jours à venir. Je prends quelques photos. Oui, l’effet visuel sera redoutable. Des scènes d’exécution, le cinéma en a déjà tourné à maintes reprises mais y’en a-t-il eu des plus réalistes que celui que nous prévoyons pour le lendemain ? Tant de condamnés aux chevilles déliées, conduits vers la machine par des gardiens, en présence d’un unique bourreau cagoulé…

En prison ? Il y a eu de fameux antécédents. Pour Casque d’Or, en 1951, Reggiani mourrait le long des murailles de la prison de Meaux. La vie, l’amour, la mort finissait dans une cour de l’ancienne « maison départementale » de Nanterre. Dans La machine et Une robe noire pour un tueur, la maison d’arrêt de Corbeil prêta pour l’occasion soit une cour de promenade, soit sa cour d’honneur. Les trois derniers films ont d’ailleurs utilisé la même machine que nous. Mais aucun de ces endroits n’a réellement accueilli la guillotine.

Les Baumettes ont vu tomber quatorze têtes entre 1949 et 1977.

Autre point : si je ne peux rien affirmer concernant La vie, l’amour, la mort, qui est filmé en noir et blanc, ce qui rend l’appréciation assez hasardeuse, toutes les autres scènes précédemment mentionnées présentent des exécutions filmées en plein jour. Le soleil y est haut dans le ciel, c’est flagrant. Il n’en sera pas de même pour nous. La scène sera tournée dans la soirée, mais bien après le coucher du soleil, sous un ciel nocturne. Un ciel d’été, qui plus est, ce qui rajoute à l’authenticité, car niveau agenda, nous sommes quasiment à mi-chemin entre les dates estivales où Ranucci et Djandoubi ont été suppliciés (vingt-et-un jours après Ranucci, vingt-trois jours avant Djandoubi)…

Soyons francs : au même niveau que nous, La bataille d’Alger et Zabana ont presque réussi un sans-faute, car tous deux ont été tournés à la vraie prison Serkadji (Barberousse) d’Alger, à l’endroit exact des exécutions capitales, et en plus, avec l’authentique prototype de la guillotine Berger qu’on y employa de 1867 à 1959. Mais les bourreaux de La bataille d’Alger y sont cagoulés de noir, et la scène d’exécution de Zabana, tournée moitié la nuit, moitié le matin (l’exécution effective a été achevée à 4h07, donc avant que le soleil ne se lève), a été outrageusement exagérée (le couperet se bloque à deux reprises, l’avocat hurle que c’est un signe divin et insulte les assistants qui refusent d’accorder la clémence à son client… Foutaises) afin de rendre, comme c’est trop souvent et inutilement le cas, la scène plus abominable qu’elle ne l’est déjà. Pas besoin de forcer le trait. Une prise de vue réaliste, comme celle que nous planifions pour le lendemain, est suffisamment éloquente comme cela.

Ce mardi 18, ça commence mal pour moi. Un quidam en mal de sensation est venu fracturer la voiture de ma compagne pour nous y voler trois ou quatre babioles. Je suis par chance seul à constater les dégâts ; plutôt que de lui gâcher sa journée de promenade marseillaise en lui annonçant la mauvaise nouvelle, je préfère me charger en secret des démarches téléphoniques – ce que j’exècre par-dessus tout – et d’essayer de trouver un endroit où remplacer la vitre détruite… C’est une autre histoire mais qui m’occupera toute la matinée, et une partie de l’après-midi, entre deux sollicitations, essayages, etc., et qui, avec son résultat somme toute infructueux, gâchera un peu mon plaisir.

Aux Baumettes, pour ne pas laisser la voiture abîmée dans la rue, livrée à la convoitise d’autres abrutis tels que mon visiteur nocturne, M.R. me laisse stationner dans le parking privé de l’administration. Vers 13h30, je suis de nouveau à pied d’œuvre. Il est encore tôt, mais nous partons illico aux costumes. Cette fois, je serai en pantalon de laine gris, veston bleu sombre, chaussures de ville noires, cravate. Le veston restera sur la chaise jusqu’au moment ad hoc, nous sommes un après-midi d’été, que diable ! Je fais la connaissance de P. et de Pa., deux autres figurants, eux aussi en costume. J’insiste – sans que cela soit vraiment nécessaire, au final, car la chose était prévue – pour obtenir un quatrième exécuteur : ce sera G., qui a aidé au montage la veille. L’idée l’amuse quand même. Ce n’est pas le genre d’expérience qui arrive tous les jours…

Et moi ? Je serai le benjamin de l’équipe des bourreaux.

Quand la production m’a contacté, sur les conseils de M.R., ils cherchaient à la base quelqu’un qui puisse jouer les conseillers techniques pour la scène de l’exécution, afin de la rendre la plus crédible possible. Au cours d’un entretien dans le bureau de la productrice, Mme L. et sa collaboratrice ont eu droit à quatre-vingt-dix minutes environ de détails sordides sur le sujet, des précisions qui les ont convaincues que j’étais le « spécialiste » idéal pour ce projet, et ignorant alors la réalité de celui-ci (une série en quatre épisodes de 52 minutes chacun, diffusion prévue sur une importante chaîne de télévision française), je pensais alors qu'au final, j'apparaîtrais à l'écran lors d'une interview pour relater les circonstances de l'exécution. Quelques semaines plus tard, nouvelle requête de leur part : pouvais-je aller expertiser la guillotine chez Lanzani, afin de les assurer de son bon état mais aussi de sa crédibilité ? Je connaissais déjà la machine pour l’avoir vue moins d’un an plus tôt grâce à Maxime, un collègue lui aussi spécialisé en bourreaux ; cette fois, je suis venu avec tout ce qu’il fallait pour prendre des notes et des mesures. Deux heures de présence pour inspecter la machine sous ses moindres angles, et au final, je me fends d’un compte-rendu de cinq pages, avec comparatif entre la guillotine authentique et sa copie de cinéma, pour confirmer que l’accessoire était non seulement en état de fonctionner, mais crédible à 90% par rapport à l’originale.

C’est en guise de post-scriptum que j’ai fait savoir à la prod’ qu’au besoin, afin d’assurer le réalisme de la scène et faciliter la supervision, je figurerais volontiers l’exécuteur en chef lors du tournage. Après tout, qui ne tente rien… Réponse raisonnable de la productrice : vu mon âge, c’eut été difficile de croire que je pouvais être le chef, mais incarner un des adjoints, c’était par contre très envisageable.

Désormais habitué des lieux et du chemin pour y accéder, jouant les cicérones de fortune, je guide mes nouveaux compagnons devant la vraie guillotine, puis la fausse, et leur fais une démonstration afin de les familiariser avec la bécane. Pa., en tant qu’exécuteur en chef, actionnera à son tour le mécanisme sur mes indications. Je m’apprête, à leur demande, à leur faire voir le quartier des condamnés à mort quand nous sommes rappelés à l’ordre : pas question de vadrouiller dans la prison. Est-ce pour éviter de débarquer en plein tournage, de faire du bruit ? Est-ce pour rester à disposition immédiate pour éviter qu’on ne parte à notre recherche aux quatre coins de la maison d’arrêt désaffectée et de prendre du retard ? Sans doute un peu tout ça à la fois.

On patiente, on s’occupe, on discute. Les heures défilent. Je réponds aux questions de plusieurs comédiens sur les faits divers, sur la peine de mort, je dois véritablement passer pour un illuminé à leurs yeux, à m’intéresser à un sujet aussi macabre et à en parler avec autant de naturel, comme d’autres le feraient de résultats sportifs… Il est environ 19h quand on requiert nos services. Nous voilà une fois encore dans le corridor souterrain, juste devant la porte noire. Le bureau a été installé. Ce bureau, c’est une pièce de musée, retrouvée dans les stocks de la prison : c’est sur ce bois que se sont accoudés les condamnés à mort juste avant la toilette, pour écrire une dernière lettre, boire le rhum, signer la levée d’écrou… Quarante-trois ans après sa précédente utilisation, le voilà qui va retrouver ses fonctions une dernière fois. Tout s’y trouve déjà depuis la veille : un registre alphabétique d’écrou (authentique, femmes, 1958-1959-1960), une bouteille de rhum Clément, un paquet de Gauloises bleues, des cordelettes.

Pour l’heure, c’est dans la courette que nous sommes requis. Déjà, au dessus de nos têtes, le ciel crépusculaire s’assombrit. La veille, K. a eu l’occasion de jouer les « patients » et d’être basculé, mais la planche est plus longue que sur la machine originale, et lors de la chute en avant, il s’est heurté douloureusement les tibias. Si on peut éviter de faire mal au comédien de la sorte… Alors, à six ou sept reprises, P., G. et moi poussons K. sur la planche et le maintenons dessus pour le placer dans la lunette. Là encore, les gestes deviennent plus naturels à chaque nouvelle tentative. C’est assez affreux de constater que ce genre d’acte puisse se résumer à une manière de se positionner, où mettre les mains sur le dos du patient et sur la planche… La redoutable simplicité de la mort légale, et même de la mort tout court.

K. nous prévient : avec le comédien, ce sera différent, car il jouera véritablement. Bon conseil. Excellent conseil.

Là, nous sommes en place dans le couloir. Scène uniquement masculine. Les seules femmes présentes font partie de l’équipe technique. Nous sommes quatre hommes, la mine grave, attendant un cortège de gens non moins sérieux : gardiens, magistrats, tous en costumes d’époque. Au milieu, les mains menottées dans le dos, encadré par deux gardiens, le condamné. Il s’appelle C. Ayant vu son visage en photo sur les papiers de la costumière, je lui trouve une ressemblance nette avec le vrai condamné. Le costume qu’il porte n’est pas le bon – il est en débardeur blanc, suffisamment décolleté, et en pantalon de mauvaise toile écrue, au lieu d’un ensemble pyjama à veste – et il faudra improviser face à cette différence. Tant pis : il n’y aura pas de scène où l’on découpera le col de sa chemise, l’un de nous trois se contentera de raser sa nuque. La chose, là encore, n’est pas bien grave, et j’avoue m’être souvent demandé pourquoi le « marcel » n’était pas de rigueur dans la tenue officielle des condamnés à mort, histoire d’éviter la section du col de tissu, de leur épargner ce contact avec le froid de la paire de ciseaux qui, prélude à la véritable décapitation, faisait frémir tous les promis à la Veuve…

C. a le visage mal rasé. Barbe de deux jours… je trouve cela assez intéressant. J’ai toujours eu du mal à imaginer les condamnés partant au supplice le visage lisse et frais… Un homme d’une vingtaine d’années, dans de telles conditions, ne devait pas songer outre mesure aux poils de son menton… Je suis épaté par le jeu de ce comédien. Je repense au témoignage d’Albert Naud, de son appréciation du jeu d’Amidou. C. est lui aussi un vrai acteur, assis à ce bureau, la cigarette aux lèvres, on jurerait voir un homme aux portes de la mort, écrasé par le désespoir, à la limite d’éclater en sanglots, le regard perdu dans le vague, la respiration saccadée… La caméra bouge, et nous aussi, selon les plans ; on rabroue de temps en temps des techniciens qui, au-dessus de la cour, discutent à voix haute, et qu’on entend trop bien depuis le couloir, ce qui pourrait gâcher la prise de vues.

J. ou K. m’interpellent pour se faire préciser des détails. Quand retire-t-on les menottes du condamné ? Qui lui sert le rhum ? Qui lui donne la cigarette ? Je réponds de mon mieux, me fiant tant à ma connaissance des faits qu’au bon sens, et sur leurs instructions, les scènes s'enchaînent, interprétées avec brio. Le fait de devoir répéter plusieurs fois les plans n’enlève pas grand chose à l’atmosphère authentique du moment. Cet endroit précis a connu l’Histoire. Nous reproduisons de notre mieux un évènement qui s’y est déroulé, et je constate que je ne suis pas le seul à souhaiter faire preuve de la plus grande rigueur niveau réalisme, ce qui me satisfait pleinement.

Action. Les exécuteurs entrent en scène. Faute de cisailler le col, sur mes instructions, P., tondeuse en main, rase la nuque du condamné. Il fait mine, évidemment… magie du tournage, l’illusion sera parfaite, grâce à un plan de caméra montrant des courtes mèches de cheveux touchant le sol de pierre… Autre plan. G. s’occupe de lier les chevilles grâce à un double nœud coulant, laissant comme de rigueur trente centimètres de mou ; pour ma part, je gère les poignets de mon mieux, mais la cordelette est trop courte, et de fait, je ne suis pas un expert en bondage… C’est dans ce moment-là que je regrette de ne pas avoir davantage interviewé Fernand Meyssonnier à ce propos. Connaître les nœuds exacts employés par les bourreaux aurait été utile pour mon statut de conseiller technique… Et désormais, il n’en reste plus aucun.

Il est presque vingt-et-une heures, et vient le moment bienvenu de la pause avant d’attaquer la bête. Dîner tranquille, ambiance plus décontractée autour d’une pastacciutta, répit nécessaire avant cet instant d’épouvante qui nous attend. Plusieurs discutent du match de football imminent, cette demi-finale européenne qui pourrait (et de fait va) envoyer Paris aux portes de la gloire : rappelons que Marseille demeure le seul club français à avoir réussi l’exploit de la victoire complète, voici vingt-huit ans. Mais le foot n’est pas ma tasse de thé…

L’heure passe vite, et déjà, la courette est investie de monde, le long de la façade opposée à celle où se trouve la guillotine. C. est venu voir la machine, quelques secondes à peine, puis retourne dans le couloir : tant pis pour l’effet véritable de surprise, mais le garçon est vraiment talentueux, et il n’aura pas à feindre pour marquer la terreur en apercevant les bois de justice. Au final, il n’y aura pas de « photographe » de l’autre côté de la machine: nous serons les trois aides à le plaquer sur la bascule. P. est à sa droite, G. derrière, moi à gauche. Plan séquence d’une quinzaine de secondes au mieux, où nous franchissons la porte avec difficulté, car elle est étroite, et on devra rapidement installer un marchepied de bois supplémentaire afin de faciliter l’entrée, notamment de C.. Entre nos mains, nous le sentons se raidir, se crisper, nous ne le portons pas au-dessus du sol, mais nous le traînons tout de même, il marche curieusement, presque à cloche-pied, gêné par ses chevilles entravées, la bascule joue, il se retrouve en position couchée sous la lunette… En place pour la seconde prise. C. s’est blessé, aux deux gros orteils, en raclant de ses pieds nus le sol de pierre de la cour. Il saigne. Une assistante vient le panser. Ce n’est plus un jeu. Nous nous sentons, nous, figurants exécuteurs, dans l’obligation de nous montrer compatissants envers ce jeune homme. Ce n’est pourtant que du cinéma. Nous n’allons pas le tuer. Il ne sera pas mort dans trente secondes. Je pense que notre bienveillance sincère l’agace, car elle va contre sa concentration, contre sa manière strasbergienne de s’imprégner du rôle. Les bourreaux, le condamné devait les percevoir comme des monstres, les haïr de toutes ses forces– s’il était encore en mesure de ressentir ce genre de sentiment dans les dernières secondes de sa vie – alors, nos rassurantes paroles, nos compliments lui apparaissent comme déplacés, déstabilisants… Ce n’est que mon impression ; peut-être me trompe-je, mais je n’en suis pas certain.

Sous l’objectif d’une steadycam, nous tournons cette entrée dans la cour et cette course terrible vers la machine, encore plusieurs fois d’affilée, dont une fois trop délicatement pour être crédible. Puis on change de plan. La caméra filme la tête terrorisée de C. dans la lunette depuis le panier… Hors-champ, je déclenche la lunette tout en évitant sa chute trop brutale, en maintenant la poignée de la main droite. C., décidément professionnel aguerri, m’incite à laisser se refermer la cangue sans la ralentir, ce à quoi je m’oppose, en précisant que la pièce de bois et de métal n’était pas surnommée « casse-tête » par les exécuteurs sans raison. L’argument le convainc. Même en retenant la chute du demi-carcan, la chose ne se fait pourtant pas sans heurts. La fermeture pincera le débardeur, voire la peau de l’épaule de C. au moins une fois.…

Le visage impavide, Pa., en contre-plongée, déclenche le couperet à vide… J. vient alors me voir et me demande si le massif peut être actionné alors que C. est en place. J’hésite, car même si je sais que la sécurité est maximale et qu’il n’y a aucun risque, c’est l’intéressé, à savoir le condamné, qui doit donner son accord. Exceptionnel C. ! Il accepte. Deux fois consécutives, Pa. provoque la chute du glaive sur la nuque de C. prisonnier de son carcan, sans que celui-ci ne bronche. Quelques plans de Pa. venant se mettre en position, pendant que, retourné dans le corridor, je montre à un des comédiens – l’aimable avocat de la défense – l’endroit exact où la guillotine était autrefois montée.

Il est près de minuit. Des applaudissements retentissent dans la courette. Avec cette séquence, la partie du tournage en milieu pénitentiaire est dans la boîte, et J. est ravi.

En ce 18 août 2020, entre réalité et fiction, les Baumettes ont connu leur quinzième et ultime exécution capitale.

Nous devons quitter les lieux au plus vite, ne serait-ce que pour regagner nos lits respectifs. Les figurants foncent revoir la costumière, repassent leurs vêtements civils ; en jeans et en baskets, me revoilà dans la cour afin de participer au démontage des bois. La chose est plus rapide qu’à l’aller, et en outre, nous usons d’un palan pour hisser la partie principale. Le tout est fait en moins d’une heure. La guillotine Berger-Lelouch est soigneusement remisée dans le fourgon, destination Paris dans la journée – voire dans la nuit, qui sait ? Je reste avec l’équipe en train de ranger la prison. Les accessoires quittent un à un le hall d’entrée de la maison d’arrêt désaffectée. Une dernière fois, je retourne errer dans le couloir, un sentiment de regret en tête. Ce lieu chargé d’histoire vient de vivre l’un de ses derniers moments d’activité avant d’être prochainement livré aux bulldozers. De l’avis de l’équipe pénitentiaire, les bâtiments étaient suffisamment solides et en bon état pour être rénovés. Cela aurait coûté six fois moins cher au contribuable que de démolir pour reconstruire… mais si les employés de la prison ont du bon sens, les industriels du BTP, eux, ont de bonnes relations…

Avant de rentrer chez lui, M.R. me fait connaître ses intentions d’organiser à l’automne une fermeture officielle des bâtiments en présence de Maître Robert Badinter, et il compte m’y convier, une opportunité là aussi des plus intéressantes…

L’heure de la séparation a sonné, et dans ma voiture, sur la route de l’hôtel, je pense à l’expérience que je viens de vivre. De l’avis de G., tous les participants ont vécu une situation inédite. Il ignore à quel point c’est vrai me concernant. Je ne suis pas le premier figurant à jouer les bourreaux devant une caméra, mais je suis le seul à être un spécialiste du sujet. Cette scène, depuis des années, je l’ai lue, je l’ai écrite, je l’ai étudiée. Y participer, l’interpréter, en somme la vivre, c’est autre chose. Les détails inconnus, ou ceux qui ne passent au fond que par la sensation, et sont au final impossibles à retranscrire de façon vraie par écrit. Sentir les muscles du condamné se contracter sous sa main ; sentir la résistance de l’homme qu’on va exécuter et aller contre sa volonté de survie ; la brutalité avec laquelle il heurtait du torse la planche à bascule ; savoir qu’il pouvait, dans sa résistance, aller jusqu’à se blesser les pieds sur le sol s’il allait à la mort déchaussé. Même ce détail, atroce, sur la section du cou. Je sais bien que certains condamnés ont eu le menton entamé par la lame ; chez d’autres, c’était au ras des épaules. Là, j’ai pu constater de moi-même pourquoi, et apprécier le rôle du « photographe » : pas une seule fois, C. ne s’est retrouvé en position dans la lunette de la même manière. Parfois trop en avant, parfois trop reculé. C’était bel et bien aux exécuteurs de gérer la chose, et même sans maltraiter le condamné pour le positionner, c’était inévitablement y aller avec davantage de brutalité que nous n’en avons fait preuve, nous comédiens. Obrecht disait bien : « Il n’y a pas deux coupes pareilles » et cette phrase prend désormais tout son sens… Jamais au fond je n’avais eu conscience à ce point de l’horrible moment que cela pouvait être, et l’univers ne se porte pas plus mal d’avoir remisé un tel événement au rang de fait révolu du passé.

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 19:43

Bravo , franchement tu ne devais pas être à l'aise ?Est ce la même qui a servi pour Delon ?

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 21:53

Superbe récit! Dolorès, la malédiction du pull-over rouge 348277 Et très détaillé. On sent la patte de l'écrivain. king

Merci beaucoup.Dolorès, la malédiction du pull-over rouge 3002527048

C'est d'autant plus intéressant que, comme tu le soulignes, le bâtiment va être démoli et son histoire ne restera plus que dans les livres.

Maintenant, tu ne nous a pas dit ce qui nous intéresse: quel sera le titre du film? J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'une série. Sais-tu quand elle sera diffusée et où?

On veut d'autres photos! lol!

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 22:03

Franchement, Vivier, malgré l’atmosphère curieuse, je me suis senti plus à mon aise que je n’aurais cru mais le ressenti reste assez gênant. Et oui, il s’agit bien de la machine utilisée sur Delon dans « Deux hommes dans la ville ».
Pour l’heure, Carnifex, étant tenu à conserver un minimum de discrétion quant au projet (d’où l’usage d’initiales pour l’heure), je ne peux pas révéler le titre de la mini-série, pas plus que les détails de sa diffusion. Sans doute courant 2021, c’est tout ce que puis dire ( et encore, c’est une approximation personnelle). Je vous en ferai plus savoir à ce moment, photos comprises, promis !

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 23:03

Bravo Némo ! un grand respect pour toi , mon Ami , juste un truc, en quelle matière est fait le couperet , pour ne pas faire mal à l'acteur ?
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 22 Aoû 2020 - 23:17

Je le précise bien dans le récit : c’est un morceau de bois peint en métallisé. Nous disposions aussi d’un véritable couperet d’acier mais le réalisateur n’a pas jugé nécessaire de l’installer à la place et, de fait, le rendu est assez crédible comme cela. Mais le matériau importe peu. Pour ne pas tuer le comédien, les accessoiristes ont depuis quelques années rehaussé les ressorts qui amortissent l’impact en fin de course, ce qui fait que le mouton s’arrête à une cinquantaine de centimètres au-dessus de la nuque du comédien. Sans cela, couperet de bois ou d’acier, ce dernier pourrait finir raccourci pour de bon.

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MessageSujet: Merci et bravo   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyDim 23 Aoû 2020 - 10:23

Cher Nemo, tu as su trouver le style précis et sobre qui est le seul pouvant convenir à relater ce genre d'expérience. Merci.

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyDim 23 Aoû 2020 - 11:29

Merci Némo , tu as répondu à mes attentes .
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyLun 24 Aoû 2020 - 18:35

Interesting and dramatic story.Congratulations Nemo !!!lol!

Well.... well The guillotining, even staged, is not easy Shocked

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MessageSujet: L EXPERIENCE    Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyLun 31 Aoû 2020 - 18:50

BONJOUR A TOUS ,

Petit nouveau sur le forum , je voulais remercier Némo pour l’expérience qu'il a partagé aux Beaumettes
dommage que André Fraticceli n'a pas été présent ce jour la car il aurait pu apporté son point de vue sur C.R le 28/07/1976
P.S Némo avait je pense le rôle de Roger Dehaes lors de l"exécution de C.R
bonne soirée a tous.

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyJeu 10 Sep 2020 - 20:24

Bravo pour ce magnifique récit!
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyVen 11 Sep 2020 - 22:04

Un récit glaçant mais o combien réaliste.Chapeau Nemo…..

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyVen 11 Sep 2020 - 23:46

vivier a écrit:
Est ce la même qui a servi pour Delon ?

Perplexe  scratch

Comment le sais-tu ?  Comment pouvez-vous reconnaître que cette guillotine a été utilisé dans ce film ?
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyMar 15 Sep 2020 - 12:53

Je ne sais pas , je pose simplement la question ? mon Ami
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyMer 16 Sep 2020 - 5:41

Il existe assez peu de guillotines au cinéma, et on finit somme toute par les identifier assez facilement (au vu du couperet, de la forme du chapiteau, etc...)

Celle qu'on voit dans "La Révolution Française" est la même que celle qui a servi pour "Lacenaire", par exemplaire.

Celle que j'ai montée et manipulée, je confirme, est bien celle qu'on voit dans "Deux hommes dans la ville", "La machine", "La vie, l'amour, la mort", "Un crime au paradis", "Les brigades du Tigre", "Le bazar de la Charité", "L'abolition"...

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MessageSujet: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 3:01


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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 3:40

Merci Sylvain Dolorès, la malédiction du pull-over rouge 348277

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 11:16

J'ai hâte de savoir la date de diffusion.
J'ai fait de mon mieux pour que la séquence d'exécution soit crédible, et au vu de l'extrait, avec le mouvement de caméra, ça a l'air d'être bien le cas !

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 11:44

Tu étais conseiller technique ?
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 11:46

Oui, et figurant exécuteur-adjoint.

Tout ne sera pas parfaitement réaliste dans la scène (j'aurai fait de mon mieux, le réalisateur et la production aussi), mais ce sera sans doute plus crédible que celle qu'on voit dans le Pull-Over Rouge...


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Dernière édition par Nemo le Sam 3 Juil 2021 - 12:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 12:12

C'est ta première participation à un tournage en tant que figurant ?
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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 12:39

Non, j'ai participé à des petits tournages quand j'étais lycéen en spécialité cinéma audio-visuel, et aussi dans un clip de Christophe Maé.

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 14:04

Nemo a écrit:
mais ce sera sans doute plus crédible que celle qu'on voit dans le Pull-Over Rouge...

Etant donné tes connaissance sur le sujet on ne peut que te faire confiance pour le réalisme de la scène. De toute manière, en visionnant celle du P.O.R, cela serait vraiment difficile de faire pire.

C'est moi ou la bascule a presque l'air d'une table ? Laughing  Et le ligotage de dernière minute sur la planche.... Ca n'est qu'un film d'accord, mais bon..

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptySam 3 Juil 2021 - 15:19

La guillotine dans ce film est vraiment une mauvaise plaisanterie, et quand l'exécution est un élément principal de l'histoire, l'idéal serait quand même de rendre la chose la plus réaliste possible...
Quand on voit le souci du détail de Lelouch pour La vie, l'amour, la mort...

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MessageSujet: Re: Dolorès, la malédiction du pull-over rouge   Dolorès, la malédiction du pull-over rouge EmptyLun 5 Juil 2021 - 23:14

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