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Forum consacré à l'étude historique et culturelle de la guillotine et des sujets connexes
 
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 Septembre 2021

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Titange
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyLun 5 Juil 2021 - 21:49

En effet. Ils ont été acquittés au mois d'août à Versailles, et je mentionne bien ce point dans mon prochain livre.
Delarue a bien commis cette erreur, souvent reprise depuis (y compris dans le livre sur la Haute-Loire dont nous parlions précédemment).

Je suppose que tu fais référence au livre de M.Benoît ?

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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyLun 5 Juil 2021 - 21:56

C'est exact Sylvain.

 Je viens de voir leur acquittement à l'instant, sur ce lien  :

https://books.google.com/books?id=Scj6LKjtvG4C&printsec=frontcover&dq=Compte-rendu+aux+sans-culottes+de+la+R%C3%A9publique+fran%C3%A7aise,+par+tr%C3%A8s-haute&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=1&sa=X&ved=2ahUKEwiO-8KF28zxAhUJxYUKHZiLDZ4Q6AEwAXoECAsQAg
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyJeu 9 Sep 2021 - 20:47

Bon, ben, ça y est, la parution est officielle.

Il y aura normalement dans les mois à venir des participations à des conférences.

Espérons que ce livre permette d'avoir un peu de médiatisation bienvenue...

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MessageSujet: Prise de notes sur Le Couperet de l'éternité   Septembre 2021 - Page 2 EmptySam 20 Nov 2021 - 0:53

En 58 chapitres brefs totalisant 475 pages, Le Couperet de l’éternité retrace à grands traits l’histoire de la guillotine en France, en Europe et à travers le monde au gré d’une démarche globale qu’on me permettra de commenter ici au fur et à mesure comme dans une simple prise de notes :


Septembre 2021 - Page 2 3714-021


Premiers chapitres, bien tournés, sur le Halifax Gibbet et la Maïden d’Édimbourg.  - «Vierge, la Maïden ne le demeurera pas longtemps» : avancé là en début de phrase, ce «vierge» illustre ce que c’est que le style quand le manie un authentique écrivain.

Portrait enlevé de l’ébéniste Tobias Schmidt, un inconnu même de la plupart des amateurs, et description rigoureuse de sa machine pétrie d’un «bois de chêne très sain, sans aucun défaut», dont les montants mesuraient douze pieds et qui à l’origine se dressait sur une plate-forme de deux mètres assemblée par le menuisier Guidon.

Du nouveau sur les essais de ce modèle Schmidt à Bicêtre : ils s’effectuent sur les cadavres de trois cobayes, deux hommes et une femme, dont Sylvain Larue a découvert les noms : d’une part  «Joseph Perrier, 34 ans» et «Pierre Marets, 21 ans», et d’autre part soit «Marie-Françoise Dumesnil, 26 ans», ou soit «Marie-Anne Legnier, 30 ans» (p. 37).

À ranger dans le musée imaginaire des décaputs à couperets multiples : «À Bordeaux, Lacombe, le président de la commission militaire, ordonne la construction d’une machine à quatre couteaux, qui est dessinée par les architectes Pechade et Clochard et fabriquée par le menuisier Burguet. Jamais elle ne sera utilisée, restant dans la remise où on l’a bâtie en secret. Ce n’est qu’en janvier 1795 que le comité de surveillance apprend son existence, et s’empresse de la faire brûler» (p. 82). - Parce qu’elle a été noircie à outrance par les thermidoriens, il est bien malaisé de distinguer le vrai du faux en ce qui concerne la Terreur. D’amplifier Lacombe par Pechade, Clochard et Burguet, ne rend-il pas leur invention plus plausible ?

Exécutions ramenées sur la place de la Révolution de Thermidor jusqu’au 23 août 1794 précisément, où un certain Baillemont est liquidé en Grève.

Quelques lignes sur l’énigmatique «Catherine Bouhourt (...) qui se travestissait en homme d’une manière très convaincante et commit trois meurtres à coups de marteau... Ce fut malgré tout sous de beaux atours féminins qu’elle monta à l’échafaud le 16 mai 1808, courageuse et même hautaine» (p. 168).

«Cours prévôtales» de la Restauration : du 20 décembre 1815 au 16 mai 1818 exactement.

À la suite des refontes du code pénal du 28 avril 1832 et du 9 mars 1849 qui réduisent le nombre de bourreaux d’un par département à un par cour d’appel, soit 27, braderie des guillotines Schmidt désaffectées lancée le 20 juin 1853.

Raymond Lescure torpillé non pas en «1854» mais le 31 janvier 1855 comme l’indique le palmarès de la Veuve : quand on brasse autant de dates et de chiffres qu’en énumère ce Couperet, impossible de ne pas cafouiller de loin en loin - autre exemple de cafouillage sans grande conséquence que la Convention qui, page 111, se serait prolongée jusque sous le Directoire «le 22 juin 1796».

Formidables tours d’horizon des percées de la guillotine à travers l’Europe dans le sillage des conquêtes militaires de la Révolution et de Napoléon Bonaparte, en Belgique, en Hollande et en Italie où le célèbre bourreau du Vatican Giovanni Battista Bugatti l’adopte à mi-chemin de l'Empire pour expédier la majorité des quelque 500 patients que la postérité lui attribue de 1796 à 1864, et non moins impressionnante incursion en Suisse dans l’éphémère département du Mont-Terrible puis à Genève qui comptabilise 17 décapitations de 1799 à 1801, 16 de 1802 à 1814 et encore une demi-douzaine par après jusqu’en 1862, et enfin à Zurich et Lucerne bientôt pourvus de coupe-têtes perfectionnés par le mécanicien Johann Bücheler en 1836 et l’entreprise Escher-Wyss en 1845.

Poids et dimensions du tranchant de l’appareil mis au point par Alphonse Berger en 1868 et approuvé par le gouvernement de la Défense nationale en 1870 : «30 centimètres de large pour près de 70 centimètres de hauteur, une épaisseur de 6 à 8 millimètres, pour un total de 10 à 12 kg d’acier, avec un côté biseauté à 41o», et remarque cinglante pour les muséologues à moitié compétents : «celui qu’on peut voir à la Conciergerie» est «faussement mentionné comme ayant servi à exécuter Lacenaire en 1836».

«Sitôt le couperet tombé, la dépouille était ramenée dans le panier de la guillotine, chargé dans le fourgon des exécuteurs, qu’on conduisait au trot jusqu’à l’un des cimetières de la commune» (p. 195) : j’ai besoin d’être convaincu de l’inexistence de tombereaux pour les cadavres, le fourgon ne servant à mon avis que pour les bois de justice et comme vestiaire ainsi que semble l’indiquer cette description détaillée, page 207 : «C’est une voiture assez haute et longue, à quatre roues (...), à l’intérieur savamment agencé. L’habitacle arrière, drapé de bleu, sert de transport pour la machine en pièces détachées, mais aussi au besoin de logement d’appoint aux bourreaux en déplacement. Il comporte un coin permettant de préparer du café et de manger sur le pouce, un placard où les exécuteurs peuvent ranger leurs vêtements de travail et trois banquettes pouvant servir de couchettes. La guillotine, démontée, y est rangée soigneusement, dans des espaces précis; les montants, par exemple, se trouvent glissés sous le siège du cocher. Enfin, c’est à son bord que le condamné parcourt le chemin qui le sépare de sa fin, les fois où l’échafaud est dressé à quelque distance de la prison».

Rien n’échappe à la curiosité de l’auteur ni l’identité des cochers surnommés «pères Coupe-en-Deux» qui au fil des ans ont conduit ce fourgon attelé à d’ironiques «Fend-l’Air», d’un certain Jules Clément sous le Second Empire à un certain Guillaume Léon Calmel durant les années 1930 avant qu’Henri Desfourneaux ne le remplace par une camionnette vers 1947-1949.

Déportés en Nouvelle-Calédonie, les communards Henri Brissac et Alexis Trinquet se plaignent de tomber entre les mains d’un scharfrichter «allemand» qu’ils appellent «Ambareck» et qui serait plutôt né «Embarek ben Kaddour» à Tanger en 1841 ?

En Indochine, il semble que la fournée de neuf pirates exécutés à My Tho le 11 février 1896 par Joseph Patey, «Monsieur de Saïgon», ait été par la suite éclipsée par les éradications de treize opposants politiques à Hanoï le 17 juin 1930 et trente-six à Long My le 27 mai 1959 sous le régime post-colonial de Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm, des chiffres sans doute assez substantiels pour figurer dans un éventuel palmarès des guillotinades multiples.

Détronqué à la Réunion le 22 avril 1897, Carpanin Moutoussamy a d’abord «fait honneur à un petit déjeuner de café, de pain, de lard et de gratons : un repas qu’il complète avec un dernier verre de vin». Comment ne pas admirer la sérénité de ce disciple d’Épicure ?

Quelque part au milieu du Couperet de l’éternité brille cette perle des perles que je ne résiste pas au plaisir de retranscrire en terminant dans l’espoir qu’elle incite les habitués de la Veuve à encourager son fondateur en achetant son livre :
 
«Nulle criminelle ne mourra avec plus d’assurance que Marthe Cuénat, l’avant-dernière suppliciée du Second Empire (...) Elle s’était prise de haine pour sa propre fille, devenue une superbe jeune femme, trop belle pour son coeur jaloux. Elle se chargea de supprimer le problème en la massacrant puis en dépeçant son corps pour le mettre à bouillir dans une marmite. Quand elle s’avança vers l’échafaud le 14 mai 1860 à Strasbourg, elle remarqua au premier rang son époux qui pleurait. Ses derniers mots, remplis de mépris, résonnèrent sans doute à jamais dans l’esprit du malheureux : «Ne pleurez pas ainsi, mon homme! De toutes façons, elle n’était pas de vous!»


Question en suspens



Septembre 2021 - Page 2 81-cak21


Aux pages 134-135 de son roman Qui touche à mon corps je le tue où Valentine Goby relate, en se référant à une ébauche de Desfourneaux bourreau, le destin tragique de l’avorteuse Marie-Louise Giraud supprimée par le régime de Vichy, on lit cette description très technique de apprêts de sa mise à mort pour laquelle une «baignoire» aurait remplacé l’habituel panier d’osier servant de réceptacle aux restes des suppliciés : 

«La stabilité de la base est vérifiée au niveau (...) Les pièces tueuses, mouton, lame, corde, sont fixées, l’entretoise installée pour maintenir les jumelles en leur milieu et la ceinture de fer nouée, à trente centimètres du sol, pour les tenir droites. La manette est posée. Tout à l’heure, une simple pression du doigt actionnera le mécanisme, ouvrira la grenouille qui retient la flèche, libérera l’énorme masse du mouton surmontant le couperet. Le paravent, la corbeille sont mis en place, pour la tête. Pour le corps, la baignoire».


Septembre 2021 - Page 2 Index_10


Ne pourrait-on pas nous expliquer enfin cette baignoire qui a dû être employée comme alternative au panier d'osier après que les exécutions aient cessé d'être publiques en 1939 et se soient déplacées à huis clos dans l'enceinte des prisons ?

Cette baignoire qui par ailleurs eut été plus réaliste que le panier lors du tournage du récent téléfilm de Julien Seri sur Christian Ranucci mais qu'il n'a pas été possible de retirer du garde-meuble des Baumettes ?
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptySam 20 Nov 2021 - 1:41

Je craignais bien que des erreurs aient échappé à ma vigilance... visiblement, elles ne sont pas très importantes, mais je m'en veux tout de même de les avoir commises.
Merci d'avoir souligné les éléments ayant suscité votre intérêt !

En ce qui concerne le transport des condamnés au cimetière, je suis convaincu qu'on se servait bel et bien du fourgon de la guillotine, pour une raison toute simple : l'argent. On imagine mal une commune mettre à disposition gratuite un corbillard ou un tombereau pour le transport d'un corps de supplicié... Si les frais d'inhumation en eux-mêmes (creusement de la fosse, cercueil de petit bois) étaient transmis au ministère de la justice, l'usage d'une voiture supplémentaire ainsi que des chevaux pour la tracter aurait été fatalement été facturée au bourreau, et il est notoire que les exécuteurs en chef essayaient, dans la mesure du possible, de réduire les coûts des exécutions afin de conserver un maximum de la somme de l'abonnement pour arrondir leurs gages.

En ce qui concerne Qui touche à mon corps je le tue , Valentine Goby a commis une simple erreur en intervertissant baignoire (bassine) et panier (corbeille). Bien excusable, car romancière de talent, elle n'est pas spécialiste de la guillotine, et ce qui nous apparaît comme évident l'est moins pour une profane.
Jusqu'au bout, y compris après 1939, le panier d'osier doublé est resté le réceptacle du corps décapité, la "baignoire", elle, accueillant les têtes tranchées.

Enfin, comme il faut rendre à César ce qui lui appartient, ce n'est pas au garde-meubles des Baumettes (qui ne dispose d'aucune guillotine ; celle qui y fut exposée faisant partie des collections du MUCEM), mais à la société Lanzani, accessoiristes de cinéma, que revient la responsabilité du panier d'osier pour la tête dans Dolorès. A l'arrivée du fourgon aux Baumettes, j'ai constaté qu'on nous avait fourni soit une bassine du genre de celles dans lesquelles on fait cuire les confitures, ou bien le susdit panier... Nous avons opté pour l'anachronisme plutôt que pour le ridicule. Le hangar d'accessoires se trouvant être le plus merveilleux bric-à-brac du monde, il est clair que les éléments originaux fabriqués en 1968 (échelle, paravent, bassine) s'y trouvent encore mais perdus ici et là, objets anonymes et à l'utilisation incertaine dès qu'on les éloigne de la bécane. Au passage, le patron n'était pas d'accord avec moi sur les films ayant employé la guillotine Lelouch... De mémoire, il disait qu'il s'agissait de celle qu'on voyait dans la co-production internationale La Révolution Française, quand j'affirmais qu'il s'agissait d'un tout autre modèle moins proche de la réalité.

J'espère un jour voir une copie réaliste de Schmidt dans un film, et une Berger fabriquée suivant les plans de Master Michaël Nielsen dans un autre... Mais bon, ça reste du cinéma...

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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptySam 20 Nov 2021 - 6:19

J'oublie donc la «baignoire» de Valentine Goby en guise de rechange au panier d'osier doublé de zinc, mais j'ai beaucoup de mal à croire que les communes et le ministère de la Justice aient été assez radins pour refuser de payer un tombereau pour transporter les dépouilles au cimetière.

Beaucoup de mal à croire que c'est le bourreau en personne qui, en proie à l'avarice, se chargeait de cette besogne avec son propre fourgon avant de le ramener sur les lieux de l'exécution pour récupérer ses bois de justice et ses assistants, et que toute cette fratrie qui utilisait régulièrement le véhicule comme vestiaire et comme cantine, voire même à l'occasion comme dortoir, ne répugnait pas à se côtoyer là où quelques dizaines de minutes auparavant sa victime avait peut-être encore des trémulations dans le panier - sa ou ses victimes, puisque parfois elles étaient plus d'une seule.

Et les services d'ordre, eux, est-ce qu'ils ne coûtaient pas de petites fortunes en comparaison d'un simple tombereau ?
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptySam 20 Nov 2021 - 12:13

Quand on voit le nombre de fois où les exécuteurs ont dû solliciter une augmentation durant le XXe siècle, la pingrerie de la Chancellerie n'est plus à considérer comme une légende...
En ce qui concerne les réquisitions du service d'ordre, j'ignore la tarification... Vu qu'il s'agissait de militaires et de policiers en service, peut-être était-ce considéré comme partie intégrante (même si exceptionnelle) de leurs fonctions professionnelles et donc non sujet à une quelconque facturation ?

J'entends bien la pertinence de votre commentaire sur le coup "oser transporter dans un fourgon servant à s'alimenter ou à dormir les corps tronqués des guillotinés", mais les fonctions premières du fourgon étaient essentiellement le transport des bois de justice et des cadavres. On n'avait pas là affaire à une caravane transformée en véhicule mortuaire, mais à un camion/corbillard où Roch avait eu l'idée d'adjoindre quelques éléments de fortune et de confort pour faciliter la tâche de ses adjoints et de ceux de ses successeurs en cas de problème de logement ou de circulation...
Un authentique tombereau, d'ailleurs, n'aurait pas été une solution envisageable au XXe siècle alors que tout était fait pour escamoter aux yeux des gens la réalité de la chose (guillotine devant la prison, service d'ordre tenant la foule à distance, extrême rapidité de l'exécution, nettoyage à grande eau dans les secondes suivant la chute du couperet). Sitôt "rempli", le panier était hissé dans le véhicule fermé, à l'abri des regards trop curieux. Eviter aux gens croisés en chemin de voir le sang sur l'osier, etc...

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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptySam 20 Nov 2021 - 19:27

La charrette remplacée par le véhicule fermé à l'abri des regards lors du déplacement des exécutions de la Grève à la barrière Saint-Jacques sous la Monarchie de Juillet et les derniers aménagements décisifs apportés à ce véhicule par le méticuleux Nicolas Roch aux trois quarts du XIXe siècle - vous situez bien la perspective historique à la faveur de laquelle son successeur en second Anatole Deibler a été amené à son tour à les compléter jusque dans le détail durant ses années à la barre de 1899 à 1939.

En butte à la pingrerie tristement réelle de ses patrons, il n'empêche que ce prospère Anatole, travaillé par une épouse paraît-il tout aussi pingre, aurait pu acquérir ou louer dans l'occasion le corbillard qui nous occupe s'il avait accepté de réduire le moindrement son train de dépenses personnelles de propriétaire immobilier amateur de bagnoles rutilantes et de vacances au bord de la mer, pour ne rien dire de sa fringale de spectacles, de cirque et de cinéma.

Et c'est ainsi qu'en tapissant abondamment de son le cercueil de zinc de ses pratiques il devait se dire qu'elles y étaient assez confortablement couchées pour que lui-même et ses aides aillent ensuite dormir, la conscience tranquille, sur leurs deux oreilles.


Dernière édition par Titange le Lun 22 Nov 2021 - 3:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyDim 21 Nov 2021 - 10:03

Vous me détrompez à nouveau dans mon idéalisme, implacable Nemo, l'homme n'a décidément pas la décence que je lui ai toujours prêtée, je le constate un peu amèrement une fois de plus avec cette histoire de fourgon unique utilisé tantôt pour stocker la guillotine et tantôt pour en transporter les victimes au cimetière.

J'ai pensé qu'exceptionnellement deux fourgon-guillotine et fourgon-corbillard avaient à tout le moins servi pour Georges Duchemin et Jean-Jacques Liabeuf sur le boulevard Arago en 1909 et 1910 quand le préfet Lépine n'hésitait pas à déployer 1,300 ou 1,350 gendarmes pour préserver l'îlot de la Santé des «hordes» de travailleurs qui descendaient souvent dans la rue à cette «belle époque», mais là aussi j'étais semble-t-il dans l'erreur, abusé par les rapports ambigus des journaux La Croix et L'Aurore.

Le 6 août 1909 en effet, on peut lire dans La Croix, à quelques paragraphes de distance, que «les fourgons» de l'équipe Deibler se sont pointés sur le boulevard à «2 h. 1/2» avant que l'un d'eux - ou bien plutôt le seul qui en réalité s'y soit amené ? -, n'en reparte à «4 h. 52», avec la dépouille de Duchemin, en direction du cimetière d'Ivry :


Septembre 2021 - Page 2 Scree141


Même prose embrouillée dans L'Aurore qui, après avoir expédié «deux fourgons» à la Santé le 1er juillet 1910, n'en discerne plus qu'un le lendemain - mais lequel ? - lorsque vient le temps d'acheminer à Ivry les restes de Liabeuf :


1er juillet :


Septembre 2021 - Page 2 Scree144



Et 2 juillet :


Septembre 2021 - Page 2 Scree147


Dans l'état d'esprit fébrile qui devait être le mien au moment où je me documentais sur la guillotine des débuts du XXe siècle, j'aurai donc commis l'impair d'accorder trop de crédit à des journaux secondaires qui ne le méritent pas, et il ne me reste qu'à le regretter aujourd'hui comme je le fais en achevant de rédiger ces lignes.


Dernière édition par Titange le Lun 22 Nov 2021 - 22:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyDim 21 Nov 2021 - 11:34

au grand galop , ou au grand trot cela m'étonnerait beaucoup ? le fourgon chargé , le ou les chevaux , ne peuvent pas tirer une charge comme celle là à cette allure .
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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyLun 22 Nov 2021 - 12:31

Nemo a pris l'habitude de se méfier des récits de journalistes, trop souvent fantaisistes et tributaires d'artifices destinés à faire effet sur les lecteurs.

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MessageSujet: Re: Septembre 2021   Septembre 2021 - Page 2 EmptyLun 22 Nov 2021 - 13:05

Ah, Titange, je suis navré d'être aussi fataliste... La décence est, en effet, une vertu dont je crois l'humain en général dépourvu depuis que j'ai dix ans... Et chaque jour qui passe me renforce dans mes convictions. Là n'est pas l'endroit pour disserter de la chose (peut-être dans un autre post, un jour, dans la rubrique "Ce que vous voulez").

J'ai suffisamment été interviewé pour me rendre compte à quel point il est facile de détourner des propos ou des faits, que ce soit volontairement ou involontairement. Immanquablement, depuis ma première interview de presse voici 17 ans, ce que je disais - choses anodines sur ma personne, ou bien détails historiques - a fini peu ou prou déformé ; j'imagine qu'il est arrivé à plus d'une reprise que le reporter n'arrive plus à relire les notes prises pendant l'entretien...
Après, ne blâmons pas trop vite les quotidiens d'antan, ils sont une source providentielle d'informations, si pas fiables à 100% (je dirais quand même à 95%).
Un évènement tel qu'une exécution est un moment stressant pour TOUS les participants. Essayez de vous rappeler avec certitude du moindre détail d'un moment perturbant dont vous êtes le protagoniste ou le témoin (un accident de la circulation sans gravité dont vous avez été victime, par exemple) et en analysant la chose, vous vous rendrez compte à quel point le cerveau est apte à se mélanger les pinceaux. Je présume que les journalistes tentaient d'accumuler une majorité de détails, et que ce qui leur avait échappé, ils le complétaient en lisant l'article d'un collègue paru à l'occasion d'une précédente exécution...

Les deux fourgons mentionnés, à part une coquille récurrente ayant mis un pluriel là où il n'en fallait pas, je pencherais pour la même hypothèse que vous, même si elle ne me satisfait guère : deux fourgons étaient stationnés à la Folie-Régnault, puis à la Santé, l'un pour les exécutions locales, l'autre pour les nationales... Se peut-il qu'on ait employé, certaines fois, à titre exceptionnel, les deux simultanément ?

Autre possibilité, mais moins plausible encore : le journaliste évoque le fourgon proprement dit et la voiture automobile personnelle d'Anatole Deibler. Ceci étant, les autos étant alors des objets encore rares, on imagine mal le reporter s'abstenir de préciser que le bourreau circule à bord d'un véhicule ultra-moderne...

Vivier, deux chevaux robustes n'auront aucun mal à tracter un fourgon contenant une centaine de kilos de charge - panier+corps - au trot, voire au grand trot (15 km/h) ; au galop, en effet, vous avez raison, ce n'est certainement pas le cas. Après, là encore, nous sommes un peu trop pointilleux sur l'exactitude des mots. Bien qu'auteurs, les journalistes ne sont pas des rédacteurs d'exception, et qui pis est, ce sont des auteurs chargés de rédiger dans l'urgence, voire l'extrême urgence. Peut-être le démarrage du convoi se faisait avec tant de précipitation que, pour exprimer son ressenti, l'envoyé spécial trouvait que parler de "galop" était tout à fait approprié.

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MessageSujet: Mesure comble pour Duchemin et Liabeuf   Septembre 2021 - Page 2 EmptyVen 26 Nov 2021 - 1:03

Vérification faite auprès de la presse contemporaine dans son ensemble, les deux fourgon-guillotine et fourgon-corbillard entr'aperçus dans La Croix et L'Aurore, sans doute ses deux véhicules utilisés jusque là séparément à la Roquette et en province en tant qu'uniques fourgons-guillotine-corbillard, ont bel et bien été mobilisés simultanément par Anatole Deibler en 1909 et 1910 lors de la reprise des exécutions parisiennes sur le boulevard Arago après dix années d'interruption depuis celle d'Alfred Peugnez en 1899.

À titre exceptionnel, absolument exceptionnel, puisqu'aussitôt après, tant Arthur Renard et Jean-Baptiste Bour en 1912 que le trio d'Antoine Monier, Raymond Callemin et André Soudy, et Georges Laage en solo, en 1913, ont renoué avec l'unique fourgon-guillotine-corbillard qui avait servi pour Peugnez.

Et pourquoi ces rares exceptions du 5 août 1909 pour le matricide Georges Duchemin et du 1er juillet 1910 pour l'apache-anarchiste Jean-Jacques Liabeuf ?

Parce qu'en janvier 1909 la reprise des exécutions en province, après seulement trois années d'interruption depuis celle d'Antonio Pozzi à Belfort en octobre 1905, avait donné lieu coup sur coup à de graves débordements aussi bien à Béthune le 11 quand y avaient été supprimés les quatre chauffeurs du Nord Théophile Deroo, Canut Vromant et Auguste et Abel Pollet, qu'à Carpentras le 26 à l'occasion du châtiment de Rémy Danvers, et que ce prélude n'augurait rien de bon pour le boulevard Arago comme se le représentaient et le président abolitionniste Armand Fallières, désapprouvé par le référendum anti-abolition du Petit Parisien du 5 novembre 1907, et le préfet de police Louis Lépine de retour en poste après un premier mandat pendant lequel, de 1893 à 1897, les nuits houleuses de la Roquette l'avaient beaucoup indisposé.

Contraint par l'opinion à réactiver la peine de mort, le régime avait en somme résolu de l'encadrer si étroitement, à Paris, et par des forces de l'ordre d'une telle ampleur, que des Béthune et des Carpentras y soient impossibles.

Homme à poigne, Lépine, qui penchait d'abord pour la quasi-impasse de la rue Messier, à l'arrière de la Santé, comme nouveau site des guillotinades, lorsqu'il dût y renoncer pour ne pas violer le principe de la publicité des exécutions, n'y souscrivit que pro forma en se rabattant sur le boulevard Arago tout près de la rue Messier en face du mur aveugle du couvent des soeurs de Saint-Joseph de Cluny, et requit la présence de 1,500 gendarmes pour le bloquer sur 500 mètres entre la rue de la Glacière et la rue du Faubourg-Saint-Jacques, l'inner sanctum de cet espace jonché de barricades étant réservé à 150 ou 200 journalistes et privilégiés gratifiés de coupe-files.

Au lendemain de la répétition générale des funérailles de l'inintéressant Duchemin, annoncées la veille à la dernière minute à des journaux incapables de prévenir leurs lecteurs à temps pour qu'ils s'y rendent s'ils en avaient envie, Lépine sut que ses calculs étaient bons et n'eut qu'à les ajuster légèrement à la baisse, à 1,350 gendarmes, pour le véritable test des funérailles des plus clivantes de Liabeuf pris en pitié par la gauche et considéré comme une sorte de martyr par l'extrême-gauche ouvrière.

Il y eut de la casse, beaucoup de casse, le 1er juillet 1910, mais les deux fourgons d'Anatole, gracieuseté de Lépine et du ministre de l'Intérieur et président du Conseil Aristide Briand, traversèrent la tempête sans sombrer.

De la perspective globale aux cas particuliers de sept ou huit journaux, c'est le parcours que je veux tenter d'esquisser maintenant pour compléter cette bafouille :

Sur Georges Duchemin, le 5 août 1909 :

Dans Le Petit Parisien :

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Faux, ce point noir devrait se situer sous la patte droite du A intitial d'ARAGO, une observation qui vaut également pour le croquis que Le Matin publie le 6 en retardant de 24 heures un supplice auquel Duchemin n'a pas marché à pied jusqu'à l'intersection du boulevard mais qui lui a plutôt été infligé au terme d'un bref périple en voiture jusqu'à une douzaine de mètres de la rue Messier :


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En 1912 Maurice Leblanc a perpétué l'erreur de l'intersection de la rue de la Santé et du boulevard Arago dans son médiocre Arsène Lupin Le Bouchon de cristal.


Sur Duchemin toujours, enfin du toc dans le Gil Blas du 6 :


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Et encore :


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Un cheval noir pour tracter le fourgon-guillotine et un autre cheval noir et Fend-l'Air, qui est blanc, pour tracter le fourgon-corbillard, c'est ce qu'explique, le 6 août, le Journal des débats :


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Glose sur le hangar de la Folie-Regnault et les trois chevaux dans Le Matin du 6 :


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Variations sur le même thème dans Le Gaulois du 6, avec des oiseaux qui «se poursuivent» (ça ce n'est pas du Larue) :


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Un peu mou, dans L'Écho de Paris du 6, sous la plume d'Henry Provence :


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À en croire La Presse, l'espiègle Anatole aurait snobé ses auxiliaires au volant de quelque Darracq de sa fantaisie :


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Tournons la page sur le lamentable Duchemin pour aborder au piquant Liabeuf surnommé «le porc-épic» avec ses brassards cloutés :


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Cette fois-ci Le Petit Parisien nous scribouille le 1er juillet 1910, malgré sa «Folie-Méricourt», une meilleure entrée en matière que par-devant pour Duchemin :


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C'est sur un ton belliqueux que L'Humanité, le 2 juillet, renchérit :


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Dans le carré des marronniers le reporter de L'Intransigeant surveille la scène d'un oeil perspicace tandis que son collègue du Gil Blas, qui signe Peltier, contient mal son dégoût :


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À La Presse du 2, toujours, l'épilogue, mais avec un jeu de couleurs différent du Petit Parisien et de L'Humanité :


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Après le tohu-bohu de la décapitation des trois chauffeurs de la Drôme Louis Berruyer, Urbain Liottard et Louis David à Valence, grossie de 28,000 à 40,000 personnes, le 22 septembre 1909, ultime défouloir post-abolition du septennat d'Armand Fallières en province, la mainmise des troupes de Lépine sur les rues de Paris à l'été de 1910 a imposé à la France un calme plat, pendant quelques brèves années, avant le désastre de la Première Guerre mondiale.


__________________________


De nous attarder ensemble sur le manque de décence de l'homme ne ferait que nous amocher le moral, mon cher Nemo, et par conséquent je crois qu'il vaut mieux que nous gardions pour nous-mêmes, l'un et l'autre, les raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés à partager cette conviction commune.


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À la prochaine.

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