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 Docteur Marcel Petiot - 1946

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptyMar 22 Oct 2019 - 8:35

mercattore a écrit:


                                             
Le viseur-périscope de la pièce triangulaire.

Que d’écrits sur ce sujet ! Le plus souvent, l’utilité supposée de ce viseur-télescope (repris par nombre de blogs, de sites, de videos, de livres ) était de permettre à Petiot de visionner l’agonie de ses victimes. Rien n’est moins sûr. Il est rarement mentionné que cet objet était recouvert de papier peint. Massu lui même omet de le mentionner dans son entretien radiophonique du 18 juillet 1956. C’est un intervenant qui le souligne et l’ex-commissaire l’admet. Par contre Massu ajoute une précision : deux petits trous avaient été volontairement percés sur cette porte. Dans son livre L’affaire Petiot (Presses de la Cité, 1974) René Tavernier mentionne que ce viseur-périscope était recouvert de papier peint, mais fraichement posé.
Lors de son procès Petiot s’explique sur l’origine du viseur-périscope : il était destiné à l’observation de futures d’opérations médicales, mais le projet n’ayant pas été réalisé son utilité était devenu inutile.


Même l'avocat général Dupin y perd son latin avec ses contradictions :

Extrait de son réquisitoire :

« Petiot avait fait aménager l’hôtel particulier de la rue Le Sueur en cabinet macabre. Les murs mitoyens sont relevés et la cave aménagée comme suit : les portes sont doublées, un puit est rempli de chaux vive et la pièce triangulaire est construite, munie d’un œilleton dont l’utilisation est discutée. Permettant d’observer l’agonie des victimes, lorsque le charnier est découvert, l’œilleton est inutilisable car le papier peint fut posé par-dessus. Son utilisation ainsi que celle du triangle restent un mystère. Les victimes finissaient dissoutes dans des bains d’acide et de chaux.

Donc :

- L’utilisation de l'œilleton est discutée.
- Il permettait d'observer l'agonie des victimes.
- Son utilisation reste un mystère
.
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptyDim 8 Mar 2020 - 0:39

Quelques dates. Extrait d’une chronologie établie par Jean-François Dominique dans son livre :

1938. Doit [Petiot] soigner, à la suite de l’une de ses publicités, Paul Clavié, atteint d’une blennorragie. Il en devient l’ami.

Juillet 1940. Lafont constitue ce qui deviendra « la Gestapo de la rue Lauriston ». Il intègre son neveu Paul Clavié, qui lui présente Marcel Petiot. Celui-ci devient bientôt un auxiliaire discret de l’équipe, chargé notamment de faire disparaitre les cadavres ou débris de cadavres encombrants.  

21 mai 1943. Toujours soupçonné d’être un vrai « passeur », Marcel Petiot est arrêté par la Gestapo. Il demeurera prisonnier plus de huit mois.

Janvier 1944. Lafont le fait libérer par l’intermédiaire de Paul Clavié. Petiot entreprend aussitôt de faire disparaitre les corps qui se trouvent encore rue Le sueur.

Printemps 1944. Paul Clavié rencontre au moins une fois Petiot dans une prétendue clandestinité.  

Avril 1944. Les Allemands donnent l’ordre à de Brinon (1)de faire arrêter l’enquête qui restera de pure forme jusqu’à la Libération.

(1) Fernand de Brinon. Secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Pierre Laval. Interlocuteur privilégié des allemands. Condamné à la peine de mort le 6 mars 1947 par la Haute cour de justice. Exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge (Hauts-de-Seine - 92).

31 octobre 1944. Arrestation de Petiot.

2 novembre 1944. Le juge d’instruction Golléty reprend à zéro l’instruction de l’affaire.

31 décembre 1945. Réquisitoire définitif tendant au jugement de Petiot — et au non-lieu pour ses complices.

25 mai 1946. Marcel Petiot est guillotiné.                                                        
                                                                         

Dans l’émission radiophonique Soyez témoins, présentée dans un fil précédent, Mme Rudolphina Kahan, (dite Eryane Kahan) relate son rôle d’intermédiaire, apparemment bénévole, pour le docteur Petiot. Elle ne parle pas des commissions que lui versait le toubib pour les « passagers de la mort » qu’elle lui envoyait. Avait-elle connaissance de leur destinée ? On ne peut formellement répondre à cette question mais quelques éléments et certains faits éclairent mieux la personnalité de Mme Kahan. Présente à la barre au procès Petiot, elle sortira libre du Palais de Justice de Paris. Et pourtant ! Jean-François Dominique écrit dans la chronologie de son bouquin :

Septembre 1942. Entrée en scène de Rudolphina Kahan, dite Eryane, juive roumaine vivant sans être inquiétée à Paris, grâce à son appartenance à la Gestapo de la rue Lauriston et à un autre service (allemand) de la police allemande. Ancienne prostituée, sans doute agent de l’Abwher (2).
(2) Abwher. Service de renseignements de l’état-major allemand (établi dans l’hôtel Lutétia, Paris 6ème).

L’accusation est grave. Mais confirmée ensuite par l’auteur :
21 décembre 1944. Le magistrat instructeur interroge Lafont à la prison de Fresnes cinq jours avant son exécution. Ce qui reste de cette déposition prouve que Rudolphina Kahan, dite Eryane, était un agent de la Gestapo. Et Petiot aussi  par voie de conséquence.
(*) On peut s’en étonner, alors que Petiot passera près de huit mois en cellule, incarcéré par les allemands !


Mme Kahan comparaitra à la barre du palais de justice de Paris lors du procès de Petiot. A ce sujet, Jean-François Dominique précise :
— 18 mars - 4 avril 1946. Procès du seul Petiot.«Personne ne fera état de l’interrogatoire  de Lafont ni des autres pièces du dossier susceptibles d’incriminer sérieusement Rudolphina Kahan — donc Petiot — au plan de la collaboration. »

Pourquoi
? On lira ci-après le point de vue de Cédric Meletta, auteur d’un livre récent.

En janvier 1919 est paru un livre de Cedric Meletta DIABOLIQUES - Sept femmes sous l’occupation. Madame Rudolphina Kahan (Eryane) y figure en bonne place (1).
Cedric Meletta  écrit :

« En mars 1946, lors du procès du tueur, plusieurs chroniqueurs judiciaires, et parmi eux Francine Bonitzer ou Pierre Scize s’interrogent sur le degré de collision d’Eryane dans ce qu’il faut bien appeler le « système Petiot » :

Eryane Kahan, qui est le clou de cette dernière audience, est, avec plus d’envergure, d’insolence et d’abattage, de la même espèce morale que les louches individus qui se sont montrés, la veille, si piteux. Une aventurière dit le rapport de police. C’est bien l’impression que donne cette femme au cheveux bois-de-rose, à l’allure artistiquement ravalée. Paraissant à peine quarante ans, elle en avoue cinquante, à la stupeur générale.
L’envergure, l’insolence, l’abattage, ce sont là les qualités requises pour toute aventurière qui espère en réchapper. Ce jeudi 28 mars, elle accorde son jeu pendant trois heures d’audience nécessaire pour justifier sa présomption d’innocence. Tailleurs sombre, manteau d’astrakan, le pouce plié au moment de prêter serment. Son menton tremble. Elle essuie ses larmes après les accusations proférées par maître René Floriot, l’avocat vedette grassement payé par Petiot : « espionne », « conspiratrice »,  « connaissance des faits , « initiée », « dans la confidence des crimes commis »… Se fragiliser. Apparaitre misérable, miséricordieuse. La tactique est payante. Eryane ignorait les desseins macabres du docteur. Eryane n’est jamais passée rue Le sueur. Eryane a le sentiment de sauver ses coreligionnaires. Une juste ?
… On s’interroge sur les relations suicidaires de deux espions allemands chez cette femme juive sans étoile ni papiers dans le Paris de 1943. Fréquentation aussi de Paul Clavié, le neveu d’Henri  Lafont, à qui elle a été présentée par Gine Volna.
. »
...
Condamner à mort Petiot pour un minimum de vingt-six assassinats de droit commun ne présentait aucune difficulté. N’importe quel avocat général pouvait requérir cette peine sans crainte d’être désavoué par l’arrêt de la cour. Petiot, pour M. Dupin [l’avocat général], ne présentait aucun problème technique tant que ses crimes`demeuraient dans le domaine du droit commun, même s’il se défendait en invoquant une résistance fantaisiste.
Mais il y avait le témoin Rudolphina Kahan.
Il était impossible d’éviter sa déposition à l’audience. Mais elle était susceptible d’avoir grappillé rue Lauriston, ou ailleurs, des informations. Arrêtée comme complice de Lafont, de Petiot, ou des deux à la fois, elle était capable de dire tout ce qu’elle avait pu apprendre, et d’excerçer un chantage. N’était-ce-pas sa meilleure défense ? Et n’eût-elle fourni qu’une information minime, mais bien choisie, qui pouvait affirmer qu’elle ne déclencherait pas un scandale dont il serait difficile de limiter les dégâts.
C’est sans doute pourquoi il était indispensable que Mme Kahan sorte indemne du prétoire de la cour d’assises de la Seine.


Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 Kahan_11

Mme Kahan dépose au procès Petiot

Cedric Meletta. Ecrivain, docteur ès-lettres. Il est également l’auteur de Jean Luchaire l’enfant perdu des années sombres (Perrin, 2013), et Tombeau pour Rubirosa (Séguier, 2018).                                  

- * En 1947, on retrouvera Mme Kahan en Amérique du sud. Elle vit en Argentine, à Bueno-Aires, sous le nom d’Ana Koenig. C’est un pays très accueillant pour de nombreux Français, et européens, en quête d’un refuge sûr après la débâcle Allemande. Nazis, collabos, miliciens et combattants de la Waffen SS (Jean de Vaugelas (*), René Fayard (**), Henri Queyrat etc. , truands compromis (Auguste Ricord), industriels (l’avionneur Dewoitine) etc. Robert Le Vigan, génial acteur, y finira ses jours, après sa condamnation à 10ans de travaux forcés, et sa libération conditionnelle.

(*) Jean de Vaugelas. Chef important de la Milice française. En 1944, participe à la répression contre les maquis du plateau des Glières, en Savoie. Réfugié en Allemagne, Chef d’état-major de la division Charlemagne, combat sous l’uniforme des Waffen-SS
Capturé pas les Soviétiques en mars 1945, réussit à s’échapper et parvient à rejoindre l’Argentine en 1948. En 1954, il meurt des suites d’un accident de voiture.
D’après Le journaliste Eric Conan (magazine L’Express, du12 août 1993], Jean deVaugelas aurait été éliminé par les services spéciaux français, sous le couvert de cet « accident ». Sa femme ne croit absolument pas à cette thèse.
(**) Son associé dans les affaires vinicoles (les Caves Franco-Argentines), René Fayard, également ancien des Waffen-SS, sera abattu en 1960. Là aussi, les services secrets français seront mis en cause. Abusivement, peut-être ?

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Dauner
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptySam 5 Juin 2021 - 14:46

J'ai beaucoup aimé les vidéos du juge Gallot.
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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptyVen 30 Juil 2021 - 6:41

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptyJeu 10 Fév 2022 - 22:11

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptySam 2 Juil 2022 - 0:36


Tous les valises qui incriminent Petiot.

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MessageSujet: Re: Docteur Marcel Petiot - 1946   Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 EmptyVen 13 Jan 2023 - 12:59

Une nouvelle vidéo (2023) : L’effroyable affaire du docteur Marcel Petiot : https://www.youtube.com/watch?v=LCljKZRS6Jc
56 minutes. Par RADAR CHANNEL.

Une genèse de l’affaire, reprenant ce que l’on sait déjà, et que l’on écoute parfois avec le sourire :
L’exécution :
Le prêtre est un « chapelain »
« Une guillotine portative fut livrée à la prison de la Santé »
 « La tête de Petiot continuait à sourire lorsqu’elle tomba dans le panier »


Docteur Marcel Petiot - 1946 - Page 10 Petiot14

Petiot sort de son hôtel particulier. Angle rue Lesueur/rue du bois de Boulogne (Paris 16ème).


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